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Gorgoroth - Quantos Possunt Ad Satanitatem Trahunt
Quantos Possunt Ad Satanitatem Trahunt
Black Metal
Durée : 34:47
Année : 2009
Label : Regain Records
CHRONIQUE DE L'ALBUM

Il s'est fait attendre celui-là ! Mais bon vous me direz, c'est normal après le crépage de chignons des membres du groupe sur "C'est moi qui détient l'âme du groupe", "Non c'est moi qui compose donc c'est à moi Gorgoroth" au travers de déboires judicio-médiatiques etc... Bref l'image du groupe True Kult Black Metal en a pris un sacré coup et leur musique relayée au second plan si ce n'est plus. Sans rentrer dans les détails, la plupart d'entre vous savent déjà que le clash à donner d'un côté Gorgoroth avec Infernus qui conserve les droits du groupe et God Seed avec Ghaal et king Ov Hell de l'autre. Sauf que Infernus n'a rien composé depuis l'an 2000, pensant surement que cette date correspondrait à la fin du monde, va savoir. Il se retrouve désormais maître à bord et ça ne doit pas être évident de remettre le pied à l'etrier.

On reconnait bien déjà l'artwork très sobre, noir et blanc, proche de "Pentagram" et "Antichrist" qui laisse présager d'un retour au source. Mais bon l'habit ne fait pas le moine. Et le premier titre induit déjà bien en erreur avec un bon cachet old school, raw et sombre mais on se rend vite compte de la supercherie, déjà avec un son nettement plus clair et limpide. Ce n'est pas vraiment l'ambiance obscure et cradingue que l'on retrouvait à leur début. Dès le deuxieme titre, on plonge dans une ambiance Heavy Dark Black Metal, plutôt pépère et mélodique, qui se rapprocherait musicalement des derniers Immortal ou encore de Dissection. On retrouve ainsi un chant de corbeau bien éraillé et lancinant qui suit les "pam-pam" tout doux de la batterie, qui écope d'un son pas super en plus. On y cherche veinement le grand Gorgoroth que l'on a connu sans y parvenir, comme si le groupe entier était sous cure de morphine et que dans le brouillard, il avait totalement oublié ses racines et sa signification.

Le chant de Pest sauve toutefois la mise (j'aime bien les corbeaux moi), arrivant à insuffler un poil de haine dans cette ode heavyesque qui fait presque epique, par exemple sur "Build a man" et d'autres titres. Le "Rebirth" (c'est le deuxieme titre dont je parlais) de Gorgoroth est donc assez surprenant : cette renaissance sonne comme une grande claque à la gueule de tout ce qui faisait l'aura du groupe. On se retrouve désormais avec un groupe correct mais plutôt banal de Black Heavy qui vient de pondre un bon album dans un style qu'on ne lui connaissait pas. Les puristes auront surement du mal à pardonner cette écartade même s'il y a quand même de bons passages sur cette galette. Gorgoroth aurait dû sortir cet album sous un autre nom, avec un visuel et titre totalement différent. Là, y a tromperie sur la marchandise :D

Chroniqueur : Trashercorpse